Montaigne, Roland Barthes, Enzensberger et les autres

J’avoue, j’ai lu Barthes à la fac. Pis, nous avons lu Barthes à la fac. Pas même dans le cours de littérature mais dans celle de philo. Comment!!!??? Est-ce possible!!!???
[Pour les philosophes, Roland Barthes est un littéraire; pour les littéraires, il est un philosophe]
Un jour, pour un séminaire, nous avions dû lire du Hegel, illisible car mal écrit. Nous ne sommes pas arrivés à en discuter, le séminaire étant donc bloqué. Le professeur, un tout jeune Herman De Dijn, mondialement connu pour ses études de Spinoza, nous a proposé d’essayer de lire Hegel sous l’angle du « Plaisir du texte » de Roland Barthes. Du coup, c’est ce que nous avons lu.
En outre, un ami m’avait offert à mon anniversaire « Fragments d’un discours amoureux« . J’ai lu, ainsi que plus tard, suite à ma fascination pour le Japon, « L’empire des signes ». J’ai bien aimé ces lectures, tout comme celles de Montaigne et d’Enzensberger.
Bref, Barthes est un essayiste. Et philosophe sans vouloir l’être, et littéraire, sans trop de poses.
Quelques citations:

La littérature n’est plus soutenue par les classes riches (…) Qui soutient la littérature ? Vous, moi. C’est-à-dire des gens sans revenus. La littérature est soutenue par une clientèle de déclassés. Nous sommes des exilés sociaux et nous emportons la littérature dans nos maigres bagages.
• Mythologies, Roland Barthes, éd. Seuil, 1970, chap. Martiens, p. 97
Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique.
Mythologies, Roland Barthes, éd. Seuil, 1970, chap. « La nouvelle Citroën », p. 150
Tout en étant intelligible, le haïku ne veut rien dire, et c’est par cette double condition qu’il semble offert au sens, d’une façon particulièrement disponible, serviable, à l’instar d’un hôte poli qui vous permet de vous installer largement chez lui, avec vos manies, vos valeurs, vos symboles.
• L’empire des signes (1970), Roland Barthes, éd. Flammarion, coll. Champs, 1980, p. 89
Fragments du ‘Plaisir du texte’:

On en vient alors à ce paradoxe: les textes, comme ceux de Bataille (ou d’autres) qui sont écrits contre la névrose, du sein de la folie, ont en eux, s’ils veulent être lus, ce peu de névrose nécessaire à la séduction de leurs lecteurs: ces textes terribles sont tout de même des textes coquets. (p. 12)

Montaigne-Dumonstier Barthes le plaisir_du_texte barthes lit la langue
L’ennui n’est pas loin de la jouissance : il est la jouissance vue des rives du plaisir. (p.37)

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