Week-end

À deux reprises je lis que des amis du grand livre des belles gueules survivent à leur week-end. Un jour, le peintre Sam Dillemans me confia: « Vivre, Marc. Survivre n’est pas suffisant. » Je les ai connus, les week-ends auxquels survivre. La vie était une bataille sans fin, très fatigante.
Les grands adeptes de la doctrine de l’effort et de la souffrance prétendent que cette souffrance qu’est le week-end peut donner lieu à du grand art. Ne sous-estimez pas leur nombre, celui des adeptes. Dans une certaine mesure, ils ont raison. Bien que la souffrance des moyens y est plus une nourriture que la pure bataille. En bataillant, on perd l’énergie, aussi celle de créer. On est tout juste vidé.
Pour en finir avec la bataille, il suffit de la finir. Elle est suivie d’une période de manque de moyens. Ce manque peut très bien donner lieu à la création. Par exemple pour écrire, il ne faut pas beaucoup de moyens. En outre, faute de moyens, on a tendance à rester chez soi.
Et un jour, les moyens reviennent. Il est plus difficile de créer lorsque les moyens sont suffisamment présents.
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Me voilà parti en voyage autour de ma chambre,
que je me retrouve au bain, la musique en quête
d’un maestro, paille coupée après moisson,
j’avais semé, au feu! voici la composition
de langue enflammée sortant de la chute.

Écoutez!
Pas besoin de voyager, je suis parti
aucune note de musique, je résonnai
pas besoin d’eau, je me baignai.

Celui qui de la baignoire ne connaît pas le bord,
ne sera jamais plein, sans parler d’être truffé
de plénitude. Arrête-toi, paie-toi la tête des vertes
et des noires, entasse. Pétille.

Du temps rude je suis riche de ma peau
de poule dorée, me privant à cor et à nouveau
dans un bol de riz. De verdure les légumes
crépitent entre les dents. Du pain sans cirque.
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Nu sans spleen mais les yeux en fente.
Ciel, quel courant de voyage autour
de ma chambre, les oreilles entrouvertes.
Feu l’hiver, restons à l’intérieur,

Feu d’été, allons dehors. Après l’hiver,
l’automne est bien passé. Je donnerais
signe de vie en vue et ouïe du printemps.

le monde magazine THe+Miscomfort+of+Fear+by+Rikki+Kasso+%C2%A9+2010_2duimen+draaien homme-nu-planant

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