Poésie blanche

Née aux États-Unis sous la plume d’Edgar Allen Poe, Baudelaire traduisant celui-ci en français et l’important au continent européen, la poésie blanche a connu un cheminement sinueux en passant, en français, par Guillaume Apollinaire et Stéphane Mallarmé, pour aboutir à Du Bouchet, par Paul Célan – à Paris, en allemand – et par Paul Van Ostaijen – en néerlandais – pour aboutir à Hans Faverey et Marc Tiefenthal, ce dernier tant en néerlandais qu’en français. Aux États-Unis,peu connue du public, méconnue par les médias, la poésie blanche pourrait être considérée comme la seule tradition moderne en poésie, les autres étant souvent des mouvances néo. Les médias ont tendance à la classifier comme expérimentale, évitant tout travail de lecture, préférant le déplacement qu’ils confondent au voyage.
À noter que seule la dernière période de l’œuvre de Paul Van Ostaijen se qualifie de poésie blanche. Deux règles d’or régissent cette reine marginale de la modernité en poésie:- Écrire, c’est biffer- De la musique avant toute chose.
La première règle s’applique au préalable: le poète, pour écrire blanc, supprime toute réalité descriptive ou anecdotique. La poésie ne décrit pas, ni ne décrète, elle évoque. Elle évoque par la musique, c’est-à-dire par un jeu – métaphysique – de sonorité et de temps et contre-temps dans la construction des phrases, phrases devenant musicales de la sorte.
(Photo: Marc Tiefenthal et trio de jazz lors de la présentation de son recueil le 6 janvier 2006)
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