Vie et mort dans un état de providence

1. Vie 

Le secret le plus profond – sans
se dénoncer, sans sourciller –
qui se livre lui-même,

la dose.

La passion pour remédier
à la mélan cholérie. La sincérité
érectile met en danger la râle
qui régit les cavernes

et des grains de sable à ramasser
dans un sachet et à édifier
contre le degré d’acidité accru.

La peau et la chemise se séparent pour finir.

2. Mort

On en avait pas mal de produits
régionaux du proche Far West :

machines agricoles, Marcel
van Maele, vélomoteurs, Herman
J. Claeys et qu’on ne l’oublie pas,
Serge Largot.

Ils nous ont précédés,
puis sont décédés, sauf Largot.

Surtout la faillite de Flandria,
vélomoteurs, et le cancer
de Marcel et d’Herman et

où en serait-il,
Largot ?

3. Vie et mort

Cherchez alors, cherchez la femme
qui supporte vie et mort
de nombre d’hommes.

Bonheur pour celui qui la trouve,
demande-le à Largot,

qui, toutefois, a pris
une avance sur l’éternité
en disparaissant
de vue,

toutefois pas sans femme.

4. Longtemps avant que la vie 

Longtemps avant que la vie
ne se verse dans la mort,
la bière se verse dans les gorges.

Dans celle de Marcel,
dans celle d’Herman.
Aussi dans la mienne.

Voilà comment je tombais
sur l’un et puis sur l’autre.

Consolation de l’un,
console de l’autre.

Et jamais les mots ne suffisaient,
il fallait y ajouter des actes
et l’écume, faux col.

5. Les jeunes Turcs 

Les jeunes Turcs, nous en aimons
la cigarette et un besoin
d’action illimité, la barrière
de Nadar appartient aux anciens Turcs.

Quand ça traîne,
grouille-toi, prend ton pied.
Marcel le prit, souvent de rire.

Herman n’aimait carrément pas
se grouiller, mais les grenouilles,
sans traîner.

Une fois chez Marcel,
je bus le café,
si souvent chez Herman,
café ou vin, comme tu veux,
prends et bois,
et bois, c’est dimanche.

6. Avant le barrage 

Avant le barrage,
après l’intestin,
voilà un drapeau pendu
dans les haubans supérieurs.

Le bateau bat le plein
d’un geste large, chapeau !
et prend le large.

L’arbitre marin de pied plein
observe tout cela, sans larguer.
Oh, mais laisse le donc agiter

– avant le barrage
et que le bateau
ne se perde en naufrage –

d’une main de trop, d’une main trop peu

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