J’avoue

Pendant longtemps, j’ai caché les faits. Longtemps, combien de temps? Quarante quatre ans. Pour cacher l’influence de tel écrivain sur mes écrits? En tout cas, personne ne l’a fait remarquer. Ou bien avais-je d’autres raisons?

L’avant dernière année des humanités était intitulée « poesis ». Je ne sais même pas si les humanités existent encore à l’école. Et donc il était évident qu’un beau jour, un professeur nous donna comme devoir d’écrire un poème.

J’aurais pu extrêmement me faciliter la tâche, en ouvrant le tiroir, y prenant un poème tout fait et le copiant. Ou encore en écrivant dans le sens – classique – du poil du prof.

Non donc. Quelque chose avait lieu, à savoir à la télé. La télévision publique – la commerciale n’existait pas encore – diffusa une pièce de théâtre d’un certain Samuel Beckett, intitulée ‘sans paroles’ (1958). En la regardant, j’avais le souffle coupé et, sans doute, les yeux grands ouverts. Comment était-ce possible d’aller trop loin!?

La pièce étant terminée, les paroles s’amenaient. Je les ai notées en les ai données à titre de poème et de devoir.

Le prof m’a donné un point faible et le conseil de lire mes classiques. Or, mes classiques sont les modernes. Je m’étonne que le prof ne m’avait pas accusé d’orgueil. Ou bien ne connaissait-il pas Beckett? Alors qu’on avait joué ‘en attendant Godot’ dans toutes les salles de paroisse.

Eh oui, depuis ce temps, Beckett est sbecket en attendant godotouvent venu s’infiltrer dans mes écrits. J’avoue.

Beckett avec clope

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