Un complexe sans pitié sous les yeux

2. Le danger menace au coin,

non de l’avenue ni de la rue.

Personne ne s’y perd ni n’y perd quoi que ce soit.

 

Non, il menace dans la périphérie.

Il s’appelle le café Bagdad.

 

Parmi ses clients, un qui comptait fort

était Jef L. habitant à B lès A.

 

On dit que le danger se trouvait

à la cave et, comptez vos mots,

constituait des armes de destruction massive.

 

Automatiquement on pense

à des stocks surchargés de Duvel,

quelle bière!

Et pas à l’ypérite

voire à l’huile de foie de morue.

 

Mephi le racontait de bouche en oreille

et d’oreille à la bouche au bouchon.

Ari n’en croyait pas ses oreilles!

 

Le café avait beau se trouver

dans l’aisselle d’un virage à une voie d’accès,

à partir de cet endroit jamais on aurait soupçonné

une cave explosivement pleine.

 

6. Dans ce pays entend-on se plaindre

par pluie ou par soleil, la classe moyenne?

 

Ou si le gouvernement d’un geste libéral décide

d’implanter quelque part quelque musée

ou autre maison des arts?

 

On l’entend par contre se plaindre, la classe moyenne,

de violences gratuites et autres,

surtout lorsqu’elles se perpétuent, combien de jours?

L’impression d’insécurité, c’est ça.

 

On peut donc sonder cette impression,

si au milieu de tant de mêlée massale

à la recherche d’armes de destruction massive

– ah, rien que le mot! – on occupe

à main armée un café?

 

C’est tout juste si la classe moyenne d’orgasme

ne s’est pas rebellée.

 

Le Japonais et Jef

libéral de profession chacun d’eux,

se demandaient ainsi que l’un à l’autre:

mouton ou chat,

singe ou tigre?

.

9. Tout va pour le mieux

au départ du virage,

mieux vaut avant tout

qu’apparaissent sans lien en en rien ensemble,

sur son vélo le géant flamand,

sur ses patins à roulettes le flamant rose,

sur son vélo l’Hermanus,

qui ensuite s’est identifié comme Hermanus Josephus,

connu encore maintenant qu’il est mort comme Klaaisgrond.

 

D’abord l’air était rouge

de poussière au soleil couchant.

Hermanos arriva le premier

dans l’aisselle du café,

il a failli rater le virage.

 

Bientôt la poussière que soulevait

sa roue arrière avait l’air pourpre.

 

Ensuite freinèrent

le lapin et la grue.

 

Dans une lumière jaune beige

tous assis au comptoir fraternisaient.

 

Il n’y a pas d’arme qui touche

plus de masses que la boisson qui fraternise.

 

Eh non, y en a qui préfèrent se dégrader en puant.

Mais voici que fraternisent et chantent

le géant, la grue et le klaaisgrond

une chanson qui surgit de leur gosier,

se battant bientôt contre les tours

qui, à gauche mais surtout à droite,

encombrent le virage.

 

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Un commentaire pour Un complexe sans pitié sous les yeux

  1. Ping : Mais pourquoi donc cette crise? | profonde-lalangue

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